De l’Amazonie à l’art contemporain : Gustav Mezger et la biodiversité

A la Bibliothèque des Grands Moulins, nous vous invitons à découvrir l’exposition Art et biodiversité : hommage à l’art rupestre  amazonien (7 février – 30 avril 2019).

La notion de chamanisme est essentielle pour comprendre le lien entre l’art rupestre amazonien, la biodiversité et l’art contemporain. Selon l’ethnologue Fernando Urbina Rangel, « le chamanisme amazonien est basé sur l’idée de l’existence d’une communauté entre l’être humain et les autres qui composent le cosmos.  C’est une harmonie souvent cassée par l’action démesurée des humains. Dans ce sens, le chamane [est] le régulateur de la bonne conduite de l’environnement». Chaque gravure rupestre comporte un savoir millénaire qui reflète une forme de concevoir le monde dont la préservation de la nature est la seule forme possible d’exister.

Des artistes contemporains comme Gustav Metzger cherchent à nous faire prendre conscience du désastre écologique actuel, afin de revenir vers un équilibre naturel à la mesure des connaissances chamaniques. Gustav Metzger est un artiste-militant politique. Né en 1926 et mort en 2017, son travail a été à l’honneur d’une exposition réalisée par le MAMAC de Nice en 2017. L’ambition première de cette manifestation était justement de montrer les préoccupations de l’artiste sur l’environnement.

L’œuvre Mobbile illustre particulièrement bien les idées de Metzger sur la nature. En 1970, Metzger fait circuler dans Londres une voiture ayant un cube transparent fixé sur le toit, raccordé au pot d’échappement. Le dispositif contenait à l’intérieur des plantes vivantes, qui mouraient au fur et à mesure que la voiture circulait, à cause du gaz toxique qui en émanait.

Cette œuvre permet d’observer le processus accéléré de désintégration de la nature auquel les individus poussent le monde avec leurs inventions technologiques. C’est une invitation à penser autrement la manière dont nous concevons l’idée de progrès technique. D’après lui, cette démarche s’impose, si l’on souhaite réfléchir à l’environnement.

Dans deux contextes artistiques éloignés culturellement et temporellement, les pétroglyphes et Mobbile [1970-2017], témoignent pourtant d’une même préoccupation : Comment l’être humain peut-il vivre en harmonie avec le monde qui l’entoure s’il ne cherche pas à préserver la nature ?

Plus d’infos sur l’exposition Art et biodiversité : hommage à l’art rupestre  amazonien

Un article rédigé par Lorena Garcia Cely, doctorante en littérature contemporaine à l’université Paris 8

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